Un cadeau de Noël oublié, souvenir du regard d'un SDF qui nous avait marqué, la rencontre de celui que l'on a aimé puis oublié.


Conversation avec Jacob Holdt.

Une rencontre fictive dans une galerie londonienne avec Jacob Holdt, récit narratif, non documentaire d’une série d’images qui est le film souvenir de cette conversation. Entre 1970 et 1975 Jacob Holdt prend en photo le monde qui l’entoure, décadence d’une Amérique en recherche de signifiant, encore pleine d’une discrimination totale et ignorante de l’existence du Sida. Jacob Holdt raconte sa vie, une vie de Maupassant, ma vie en passage. Egalité de classe, égalité de genre, égalité de race devant la drogue, vie d’une misère ordinaire au coeur de communauté ex-centrée, agression, protestation, manifestation, arrestation ; sur l’une de ses photographies Jacob Holdt écrira sa rencontre avec l’amour de sa vie, ou sur ses amis d’alors tous mort du sida aujourd’hui. Je suis né alors que le VIH prenait un nom de 4 lettres, sa vie aurait pu être la mienne, je m’approprie ses souvenirs et en fait les miens. Dans une boite en plastique je retro-projette des photographies de Jacob Holdt, les reflets qui se répercutent sur chacune des faces font de nouvelles images nouvelles textures, je photographie alors une des facettes de la boite qui devient alors mon image, mon souvenir, ma partie de vie, dans un espace déstructuré où les échelles, les normes et les espaces sont floutés par ma ré-appropration. Les images qui en découlent sont un plan séance, un panoramique figé, une purée de souvenir entre Jacob Holdt, ceux qui regardent ces images et moi. 

Image extraite d'une série de 32 images de 30cm sur un mètre. Papier photo et/ou Papier photo sous verre.